Hommes violentés dans leur relation intime


AVERTISSEMENT

La reconnaissance de la violence commise par des femmes n’a pas pour but de diminuer la sévérité des conséquences de la violence masculine que des femmes subissent, ni de justifier la violence masculine.

Un oeil a été ouvert et avec raison sur la violence masculine, il est mainteant temps d'ouvrir l'autre oeil sur la violence féminine. Dans tous les cas de violence conjugale, les deux partenaires se retrouvent perdants.


Le Centre d'entraide La boussole, dans sa pratique d'intervention, a remarqué qu'il y avait beaucoup plus d'hommes violentés dans leurs relations intimes qu'on ne le croyait. Le recours à la consommation d'alcool ou de drogue était une stratégie d'adaptation à un contexte conjugal très douleureux. En conséquence, il a développé un programme pour venir en aide à ces hommes qui n'osent pas parler par peur d'être ridiculisés. En privilégiant la thérapie de couple en présence d'une violence dyadique, il y a plus de probabilité de mettre fin à la violence parce que les deux partenaires pourront reconnaître leur co-responsabilité dans le développement et le maintien de la violence conjugale.


A) Auteurs consultés (liste non exclusive)

  • Agence de la santé publique du Canada.

  • Bélanger Claude, Université du Québec à Montréal, Université Mc Gill, centre de recherche de l’hôpital Douglas.

  • Dallaire Yvon, psychologue-sexologue.

  • Gosselin Mélanie, Université du Québec à Montréal.

  • Lafontaine Marie-France, École de psychologie, Université d’Ottawa.

  • Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec.

  • Lussier Yvan, Ph. D. Psychologue et professeur de psychologie, Université du Québec à Trois-Rivières.

  • Torrent Sophie, diplômée du Département de travail social et des politiques sociales de l’Université de Fribourg.

  • WM Alain, dans BLOG.PSYCHO.RESSOURCES (21/08/2013).


B) Le tabou dans le tabou : l'homme violenté par la femme

Selon les dernières recherches, les hommes seraient autant victimes de violence conjugale que les femmes. La violence dyadique, c'est-à-dire introduite et maintenue par les deux partenaires, serait la forme de violence conjugale la plus répandue. Il y aurait donc une co-responsabilité des deux partenaires dans la manifestation de la violence, peu importe qui fraperait en premier.

Lors de la dénonciation de la violence conjugale, l'homme est retiré du foyer et/ou incarcéré et il devra suivre un programme pour gérer sa colère, programme qui sera imposé par un tribunal. L'on constate un taux de récidive de 85%. Doit-on en être surpris puisque la femme ne sera contrainte de suivre aucun programme pour modifier le comportement de violence dont elle est responsable pour la moitié?

Toutefois, tous les cas de violence conjugale ne se ressembles pas en ce qui a trait à leur origine. Selon une étude américaine, 25% des cas originent de la femme seulement, 25% de l'homme seulement et 50% des deux partenaires.


C) La violence féminine est sous-estimée

La violence des femmes est minisée voire banalisée, quant elle n'est pas médicalisée, psychologisée ou psychiatrisée. Le syndrôme prémenstruel devient une explication facile à tout trouble de comportement. Toutefois, dans certains cas, il est vrai qu'un sérieux débalancement hormonal peut causer des troubes de comportement. Les criminels possèdent un taux de testérone plus élevé que la moyenne et pourtant cela n'excuse pas leur agir délinquant.

Règle générale, les hommes victimes de violence physique de la part de leur partenaire ne portent pas plainte et ils n'osent pas en parler non plus parce que cela constituerait une atteinte à leur virilité. La violence subie peut même causer une crise identitaire chez l'homme. De plus, l'homme craint, et à juste raison, qu'il ne sera pas pris au sérieux et qu'il sera ridiculisé. Même des policiers ont déjà convaincu des hommes de ne pas porter plainte lorsque à l'évidence, en raison des blessures sur l'homme, que c'était la femme qui s'était démontrée violente. Cela concourt donc à l'impression que la violence chez la femme ne serait qu'une exception et qu'elle ne serait que peu répandue. Selon un préjugé en vogue, de toute façon, l'homme, en raison de sa force physique, ne serait-il pas capable d'encaisser les coups de sa partenaire sans réagir même si son affect s'en retrouve fortement rudoyé?

Dans un vidéo sur YouTube (https://www.youtube.com/watch?t=4&v=u3PgH86OyEM), deux acteurs londoniens ont joué une scène de violence conjugale dans un parc de Londres. Quand l'homme attaque verbalement la femme tous les "spectateurs" se sentent interpellés et plusieurs s'interposeront pour un arrêt d'agir. Dans la situation inverse, quand la femme attaque verbalement et physiquement son partenaire, les gens aux alentours trouvent cela comique. Aucune dénonciation de la violence exercée!

Dans un reportage de ABC News (https://www.youtube.com/watch?v=mKswAN8zLT0), on a reproduit la même expérience. Quand l’homme brutalise, l’on vient à la défense de la femme. Quand la femme brutalise, l’on ne fait rien, même que des passants approuvent. Pourquoi? On présume que la femme ne peut pas réellement faire mal à l’homme. On s'imagine que l’homme est nécessairement coupable et qu’il le mérite. Se trouverait ainsi confirmé le préjugé que la femme n'exerce de la violence que dans le cas de légitime défense. Or la réalité est tout autre...

En ce qui a trait à la violence conjugale, l'idée est fort répandue que la vertu réside dans un sexe (féminin) et la méchanceté dans l’autre (masculin). Tout être humain est né avec des défauts de fabrication. L'éducation reçue et la socialisation vécue, dans leurs forces et faiblesses, ont collaboré à édifier une personne sur certains points et à la détériorer sur d’autres. Il revient donc à chacune et à chacun de faire le ménage dans sa propre cour entre le bon et le moins bon, entre l’excellent et le pourri.

Plusieurs croient que la violence des femmes n'est que le retour du balancier relativement à l'oppression qu'elles ont subie depuis l'origine de l'humanité... Elle serait donc normale et justifiée!


D) La violence...

Autant pour l’homme que pour la femme, la violence est la conséquence de blessures affectives dans l'enfance et ou l'adolescence. Elle est surtout l’expression d’une souffrance provoquée par la frustration de besoins tout à fait légitimes (se sentir aimé-e, valorisé-e, reconnu-e, sécurité, havre de paix).

La violence est un aveu d’échec de ses habiletés ou stratégies pour résoudre un problème.

La violence est une tentative de prise de contrôle de l’autre partenaire pour tenter d'imposer sa manière de voir, de penser ou d'agir.

La violence est l’expression d’une souffrance mal vécue, mal exprimée et mal reçue (blessures affectives, peur d’abandon ou de rejet ou de l’intimité, colères et frustrations accumulées, incompréhension, difficulté d’acceptation de l’individualité par la personne elle-même et/ou par l’autre).

La violence n'est pas un problème sexué, mais un problème humain où des personnes (hommes et femmes) souffrent. Il est reconnu que des personnes blessées affectivement vont en blesser d'autres. Ce sont donc des personnes souffrantes qui vont abuser de leur partenaire. La thérapie doit donc viser à l'apprentissage dans la gestion de sa propre souffrance, à développer des attentes réalistes envers l'autre partenaire relativement à la réponse à ses besoins et apprendre à communiquer ses insastisfactions de manière affirmative sans agressivité.


E) La violence fait aux hommes

Dans la société est propagée une image négative de l'homme: ils sont des violeurs, des batteurs de femmes, des abuseurs d'enfants, des conjoints infidèles, des manipulateurs, des menteurs, des irresponsables, des insensibles, des obsédés sexuells, des dominateurs, des controlants, des incompétents dans la communication de couple et l'expression de leurs émotions et des partenaires incapables de s'engager. Bref, l'homme est un être à réparer... Une image négative de l'homme est aussi bien souvent télédiffusée dans des annonces publicitaires, des téléromans et des films québécois. Lysianne Gagnon de La Presse s'enest déjà plainte.

Relativement à la paternité, on ne dit pas à l'homme qu'il est père ( 5 è 15% des cas), on lui dénie sa paternité après une rupture conflictuelle (on l'empêche de voir des enfants - fausse accusation d'abus dur les enfants), ou encore on lui impose une paternité quand il n'est pas encore prêt.

Il y a aussi de fausses accusations de viol ou de violence physique pour mieux contrôler son partenaire ou punir son ex.

D'après des recherches en France, en Suisse et au Canada, relativement à la violence physique de moyenne à grave, 25 à 55% des victimes seraient des hommes.

Il existe aussi une violence instiutionnelle. Bien que sur le site du Ministère de la Santé et des services sociaux, l'on mentionne que les hommes aussi peuvent çetre victime de violence conjugale, on ne cite que les conséquences chez la femme de la violence exercée par ldes hommes, alors que l'on tait les conséquences négatives de la violence féminine sur leur conjoint. 80% des suicides seraient des hommes et cela ne semble pas pour autant inquiété la santé publique ou la société. Toutes proportions gardées, il y a moins d'allocations de fonds de la part des autorités relativement aux maladies typiquement masculines et aux associations d'hommes que pour celles des femmes.

Il existe aussi une discrimination sur le plan sentenciel. Pour les mêmes crimes, les femmes reçoivent des sentences moins sévères que les hommes et elles bénéficient davantage d'une responsabilité criminelle diminuée (une femme tue son mari, elle reçoit une peine de 6 ans, alors que dans le cas inverse, l'homme en reçoit une de 17 ans. Dans le code criminel du Canada, si une femme commet un infanticide, elles est passible d'un emprisonnement maximal de 5 ans, alors qu'un homme est passible d'une peine à perpétuité.